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 Livre 1 : Le Dragon

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Elizabelle
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Date d'inscription : 21/02/2012
Localisation : En Enfer

MessageSujet: Livre 1 : Le Dragon   Mer 22 Fév - 9:06

Chapitre 1

« Je vais te conter une histoire, Dragon… Elle puise ses racines à l’origine du monde et n’a point encore finit de croitre, tel l’arbre de la vie. Et il est important que tu la connaisses pour l’accomplissement de ta quête. »
Le jeune homme contempla la vieille femme qui se tenait en équilibre précaire sur son tabouret, juchée sur une estrade qui la rendait encore plus petite et misérable, son corps accablés par les ans se courbant vers l’avant alors qu’un tremblement incontrôlable secouait ses vieux membres osseux. Il ne restait que quelques touffes éparses de cheveux pendant sur son crâne, et plus assez de dents dans sa bouche pour lui permettre de manger autre chose que de la bouillie pour bébé. Mais tout pathétique que soit cet être, il n’en demeurait pas moins l’Oracle. Par ses lèvres se déversaient les lignes de la destiné… Elle était un dieu incarné, tout comme le prince qui se tenait debout au pied des marches, attendant qu’elle partage sa vision de l’avenir avec lui.
D’une voix claire et sans le bredouillement qu’on pourrait s’attendre de la part d’un être si âgé, l’Oracle reprit :
« A sa naissance, notre monde était vide. Il y avait bien l’eau, la terre, le vent et le feu, mais nulle créature pour le peupler. Alors les dieux à l’origine de sa création décidèrent d’honorer notre terre de leur esprit en lui insufflant le souffle de vie, tous sauf un… Le Dragon préféra tourner sa nature passionnée vers l’étude des cieux. De sorte que seulement six peuples furent créés, avec les créatures qui les nourriraient.
Le fidèle Griffon emmena ses enfants dans les grandes plaines du sud, leur offrant les chevaux et le gros bétail. Le constant Sphinx s’installa dans les déserts brûlants, accordant la vie à des créatures faites pour résister aux rayons ardents du soleil. Le fier Lion Blanc se lança à la conquête des terres de l’ouest, soumettant les animaux les plus imposants tels l’Orgarix ou le Tistoul . L’Hydre et ses plaisirs allèrent se développer dans les îles de l’est, croissant dans un univers d’animaux colorés et bruyant. Le sage Oracle installa son règne ici-même, se préoccupant bien peu des créatures, car voulant servir et guider tout les hommes. Enfin, le plus puissant et le plus vulnérable d’entre eux, emporta ses enfants dans le nord, au pays des glaces et du cristal, là où vivent les créatures les plus dangereuses et les plus étranges… Le Royaume inviolable du Seigneur Phénix, Maître de la Vie et de la Mort. »
Une ombre d’incompréhension passa dans le regard vert du prince. Il avait étudié le monde pour apprendre à le connaitre, bien que le royaume des Glaces appartienne plus aux légendes qu’à la réalité, personne n’ayant eu de contact avec ce peuple depuis des siècles… Il savait où se trouvait chaque royaume, de même qu’il connaissait bon nombre des créatures dont parlait l’Oracle car à la Cours du Roi du peuple Dragon, l’on faisait venir ses animaux pour les faire admirer des petites gens qui n’avaient pas les moyens de voyager. Seulement, un détail lui semblait absurde et incohérent, hors c’était impossible de la part de l’Oracle. Par soucis de clarté, car la vie de beaucoup de gens dépendait de cet entretien, le jeune homme décidé de prendre le risque de passer pour un idiot et demanda :
« Comment le Maître de la Vie et de la Mort, le puissant Phénix, pourrait-il être le plus vulnérable des dieux ? »
« Tout les dieux peuvent réincarner leur esprit dans un être humain afin de guider leur peuple, et ce, autant de fois qu’ils le jugent nécessaire… Ils ne peuvent fouler eux-mêmes le monde sous peine de le détruire sous la puissance de leur pouvoir, aussi ont-ils choisi cette manière là, afin qu’à chaque instant, ils puissent veiller sur le monde qu’ils ont créé… C’est en cela qu’ils ne craignent pas la mort…
Mais le Phénix est unique… Tout comme le pouvoir qui est le sien. Le Phénix ne peut avoir que deux incarnations terrestres, car son pouvoir est si grand, qu’il pourrait détruire le monde s’il venait à changer d’enveloppe aussi souvent que les autres dieux. De sorte que ses Elus sont presque immortels, ne subissant pas les outrages du temps ou de la maladie, revenant à la vie à chacune de leur mort, tel le Phénix renaissant de ses cendres. Mais il en devient aussi vulnérable, car il n’a le droit qu’à une seule mort absolue. S’il vient à mourir définitivement une deuxième fois, alors il s’éteindrait pour toujours et le peuple Phénix avec lui. »
« Je ne comprend pas en quoi cette histoire me concerne, moi ou mon peuple… »
La vieille femme eut un caquètement horrible, sans doute une pâle imitation d’un rire, rendu dément par cet esprit broyé par la volonté du dieu de la sagesse. Nul ne sort jamais indemne d’être l’incarné d’un dieu, mais de celui-ci encore plus que les autres…
« Cette histoire est pourtant l’origine même de ton peuple et de toi…
Parce que le Dragon avait refusé son esprit au monde, l’équilibre était rompu. Car sept ils avaient été pour le créer, sept ils auraient dû être pour le diriger. Une brèche vers les mondes démoniaques s’ouvrit, libérant l’horreur, le chaos et la destruction. Et certain parmi les hommes se sont unis à ses forces pour obtenir richesse et pouvoir… Vois-tu Prince, le Phénix a subis sa première mort il y a plus de trois millénaires et demi, son Elu ayant péri sans renaître sous les griffes d’un démon. De sorte que le Phénix n’avait plus le droit à l’erreur, sous peine de disparaitre et de laisser le monde sombrer dans le chaos. Malheureusement le Destin, rendu hasardeux par le déséquilibre, fut bouleversé.
Un sorcier avide à leur tête, les démons ont violés les frontières du royaume des Glaces, anéantissant son peuple, arrachant le cœur du Phénix, le réduisant à néant. Alors que sa sœur allait mourir, le Dragon sortit de sa contemplation des cieux et passa un pacte avec le Destin. Il acceptait de donner au monde un peuple qu’il ferait naître de son esprit pour rétablir l’équilibre, si on laissait une chance à son Elu de sauver le Phénix et son peuple le moment venu. Ainsi le pacte fut scellé il y a deux milles ans.
Durant les milles premières années, le Dragon façonna le sud du continent avec douceur pour ne pas troubler le monde plus qu’il ne l’était déjà, afin de créer une terre pour ses enfants sans avoir à léser un de ses frères ou sœurs. Les autres dieux lui offrirent de choisir parmi leurs enfants des hommes et des femmes qui deviendraient les premiers enfants du Dragon. Le dieu les fit venir de tous les horizons, excepté du royaume des Glaces désormais fermé à tous, et les rassembla en ce territoire qu’il avait fait naitre pour eux. Il désigna l’un d’entre eux pour les diriger en apposant sur sa peau sa marque, une tâche de naissance en forme de dragon.
Milles autres années se sont écoulés depuis la naissance du premier dieu incarné Dragon, et son peuple n’a fait que croitre et se développer. Aucun Dragon n’est jamais venu chercher conseil auprès de moi, se contentant d’écouter les conseils murmurer par son dieu… Hors te voilà devant moi parce que ton peuple se fait anéantir et que ton dieu reste sourd aux prières de son Elu. »
L’Elu du Dragon ne put qu’amèrement acquiescer. Oui, son dieu restait sourd à ses questions, le laissant seul et dans l’ombre de l’ignorance, là où il aurait besoin de savoir pour pouvoir guider son peuple.
« Parce que nous avons refusé de nous soumettre, l’Empire du Lion Blanc nous assaille et nous massacre sans que nous ne puissions rien faire pour le repousser… Bientôt mon peuple ne sera qu’un nom dans les livres d’histoire. »
La vieille femme mit un temps à répondre, semblant chuchoter à elle-même avant d’être secouée par une violente quinte de toux, si bien que le prince eut la crainte un bref instant que la vieille ne mourut avant de l’avoir éclairé sur ce qu’il avait à faire.
« Le peuple du Lion Blanc est innombrable, celui du Griffon lui ai soumis, et ni celui de l’Hydre, ni du Sphinx ne se lèveront contre lui. Le peuple Dragon est condamné… A moins que… »
« Parle ! Dis-moi comment sauver mon peuple ! »
« Tu dois rassembler les enfants de la Prophétie. Ils sont sept comme les dieux à l’origine du monde. Toi-même, tu es la Passion… Tu dois t’entourer d’eux pour ramener l’équilibre dans ce monde et le libérer des forces démoniaques qui le gangrènent. Il te faut trouver la Fidélité, la Sagesse, la Fierté, le Plaisir, la Constance ainsi que le Maître de la vie et de la Mort. Saches que le premier est le Griffon, et que deux d’entre eux sont des femmes. Parmi elles, tu prendras épouse tandis que l’autre sera pour ton frère. »
Le Dragon ne put s’empêcher d’éprouver un frisson de haine. Le Griffon était son pire ennemi… Il le tuerait plutôt que de s’associer avec lui. Mais il prit sur lui par amour pour son peuple qui n’avait d’autre espoir de survie.
« Comment puis-je les trouver si je ne sais rien d’eux ? Cela pourrait être n’importe qui… »
« Leur nom m’est voilé et le Destin ne les connait que par leur nom caché que je t’ai transmis… Mais je puis guider tes recherches. Il te faudra commencer par trouver le Maître de la Vie et de la Mort, et sa sœur, la Constante. »
« Un frère et une sœur ? »
La vieille esquissa un sourire édenté en se penchant en avant, comme pour lui confier un secret que lui seul avait le droit d’entendre.
« Non Dragon, deux sœurs… Voici ton Oracle. »
Deux corps un seul cœur,
Une seule âme, deux sœurs.
Deux vie un même Destin,
Un même espoir, deux chemins.

L’une à la fois Reine et Déesse
Monstre de rage et de colère
Parmi les morts, solitaire
Se mure dans sa détresse.

L’autre par amour pour la vie,
Scella son cœur dans le cristal
Jusqu’au jour où raisonnera sur les dalles
De glace les pas de son promis.

Alors s’ouvrirons les portes cachées
Du royaume des morts oubliés
Et par le feu sera sauvé
Le Phénix au cœur arraché.

De gratitude l’oiseau de feu
Mettra la vie de ses enfants en jeu
Et face à la multitude de l’Empire
Le peuple Dragon ne pourra plus faillir.

« Trouve les jumelles qui n’en sont pas vraiment, elles seront la clé de ta quête. Elles seules pourront pour te mener vers les autres enfants de la prophétie. Hâte-toi, car ton frère est déjà en route et il est impératif que vous arriviez ensemble à la Porte du Destin. »
« La Porte du Destin ? Je ne comprends pas… Où est-ce… ? »
Mais l’Oracle s’était tu. La vieille femme se balançait d’avant en arrière sur son tabouret, être chétif et pathétique une fois que la volonté divine s’était retirée. Ainsi fût congédié le prince du peuple Dragon. Un prêtre au visage caché par un masque poli sans expression s’approcha de lui alors qu’il contemplait la silhouette misérable comme si la vieillarde folle avait les réponses aux questions qu’il aurait voulu poser à l’Oracle… Résigné, il prit le rouleau que lui tendit l’homme, à moins que ce ne fût une femme caché derrière ce masque et cette bure neutre. Sur le papier fin était retranscrit clairement chaque mot de l’Oracle durant cet entretien, une copie allant rejoindre les archives du Temple. Sans un regard en arrière, il se dirigea vers la sortie, accompagné par le ricanement de la vieille.
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